LES CONTROVERSES LITTÉRAIRES (8/9) : Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

En partenariat avec RetroNews, le site d’archives de presse de la Bibliothèque Nationale de France, nous vous proposons, tout l’été, un cycle d’articles consacrés aux grandes controverses littéraires.
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Pour reprendre, plus ou moins, l’une de ses plus célèbres citations, aucun dossier sur les grandes controverses littéraires sans un article sur Oscar Wilde ne semble digne d’un regard. Ce n’est pourtant pas tant l’oeuvre de Wilde qui choqua ses contemporains. L’auteur irlandais aimait dire qu’il avait mis son génie dans sa vie et seulement son talent dans son oeuvre. C’est précisément sa façon de vivre qui précipita sa chute. Mort à 46 ans sous un nom d’emprunt dans une chambre d’hôtel parisienne, l’auteur est aujourd’hui célébré dans le monde entier. Que disaient les journalistes lors de la publication de ses ouvrages ? Quel regard portaient-ils sur l’auteur lors de sa chute ?

Un regard amusé

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Les premières mentions d’Oscar Wilde dans la presse française datent de l’année 1882 alors que le poète n’a encore rien publié en France. Oscar Wilde commence petit à petit à se faire un nom au Royaume-Uni mais également aux Etats-Unis où il fait une tournée de conférences pour exprimer ses vues sur l’art et l’esthétisme.

Les premières réactions françaises à ce « personnage » s’appuient notamment sur les caricatures de l’auteur parues dans le magazine satirique britannique Punch -l’autoproclamé « Charivari londonien »- et sont largement moqueuses. Sa tournée américaine est tournée au ridicule :

Après le Temps, c’est Le Gaulois qui quelques mois plus tard parle de Wilde comme d’une attraction mais sans « grand talent » :

Les articles moqueurs se succèdent toute l’année. Le Soleil refute ses idées « nouvelles » sur l’esthétisme. L’engouement qu’il suscite leur semble bien démesuré :

Le même journal fait quelques jours plus tard écho de l’échec total de sa tournée aux Etats-Unis :

Les venues régulières de Wilde à Paris ne lui permettent pas d’inverser la tendance. Les journaux sont toujours aussi moqueurs. Les habits inhabituels portés par l’auteur sont la cible des railleries de Gil Blas ou du Figaro.

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A partir de 1884, l’un des grands combats de Wilde porte sur la mode vestimentaire. Wilde propose de nombreuses conférences, lettres et essais sur ce thème qui lui tient à cœur. Pour Le Temps, c’est même d’une croisade qu’il s’agit, « une croisade contre le costume contemporain » :

Les journaux sont unanimes, ce combat est dérisoire et ridicule. La Justice, Le Temps, Le Petit Parisien rient franchement de ses combats comme de ses habits.

S’il est encore peu question de littérature ou de théâtre, c’est que Wilde lui-même n’a publié que des poèmes et des pièces non publiées. L’auteur se fait connaître uniquement par ses extravagances vestimentaires et ses positions sur l’art et l’esthétisme même si la célébrité reste encore toute relative. Les journalistes de L’univers illustré, qui l’appellent « Oscar Wild », le prennent pour un auteur américain :

Pour le journal, si on se souviendra un jour de cet « Oscar Wild », « c’est pour ses tentatives de restaurer le costume Louis XV ».

Un début de reconnaissance par les nouvelles et le théâtre

Les premiers avis positifs viennent lors de la publication de ses premiers contes. Le Journal des débats politiques et littéraires loue une nouvelle de Wilde, probablement son conte illustré Le jeune roi publié dans le magazine féminin The Lady’s pictorial :

Sa popularité grandit peu à peu en France. En 1891, Le Figaro lui consacre un portrait plutôt neutre mais qui prête à l’auteur, qui vient de publier Le portrait de Dorian Gray en Angleterre, une influence profonde sur ses compatriotes. Une influence qui serait comparable à celle de Hugo en France :

Le Gaulois également lui consacre un portrait, plutôt flatteur. Si le journaliste reconnait que son oeuvre est mince, elle n’en comporte pas moins quelques chefs-d’oeuvre :

L’Éventail de Lady Windermere, La première pièce de Wilde montrée à Londres, est largement commentée à Paris. Satire sociale grinçante, elle est reçue timidement par les critiques français qui saluent les dialogues mais jugent sévèrement le dernier acte :

La pièce connait un grand succès mais ce triomphe doit plus, pour Le Temps, à la personnalité de l’auteur qu’à son talent :

Pour Le XIXe siècle, c’est à la mode qu’il le doit :

La Cocarde est le journal le plus sévère. Les talents de Wilde relèvent selon eux plus du charlatanisme qu’autre chose :

Une naturalisation française ?

En 1891, Wilde écrit à Paris et en français un drame en un acte intitulé Salomé (et non Salammbô comme l’écrivent maladroitement les journaux français encore tout acquis à la cause de Flaubert). L’actrice Sarah Bernhardt à qui Wilde a soumis le texte est tout de suite séduite et accepte de l’interpréter sur scène.

Les répétitions commencent et ceux qui y ont accès les trouvent excellentes :

La censure anglaise frappe cependant Wilde, qui a interdiction de monter la pièce. Il est en effet illégal, pour Lord Chambellan qui porte la motion de censure, de représenter des personnages bibliques sur scène. C’est officieusement la scène de Salomé embrassant la tête décapitée de Jean le Baptiste qui semble créer l’émoi en Angleterre.

Les réactions en France se multiplient dans la presse :

Les journaux sont unanimes pour condamner la censure :

Certains en profitent pour se moquer de l’hypocrisie anglaise et justifier la suppression de la censure française :

Wilde annonce même, lors d’un long entretien pour Le Gaulois, envisager de prendre la nationalité française :

Gil Blas lui souhaite la bienvenue et montre les conséquences néfastes de la censure : la volonté pour les auteurs qui en sont victimes de s’éloigner de leur patrie-mère. Gare aux censeurs français de s’en prendre aux auteurs dramatiques. Ils pourraient, à l’instar de Wilde, prendre eux aussi la poudre d’escampette :

De nombreuses personnalités littéraires françaises sont invitées à s’exprimer sur cette affaire. Alexandre Dumas fils voit dans cette censure les vestiges d’un système répressif amené à disparaître du « monde nouveau » :

A noter que si certains journalistes mentionnent l’ « audacieux » Portrait de Dorian Gray et que certains en parlent déjà comme du chef-d’oeuvre de Wilde, ce roman, publié en 1890 en Angleterre, n’a pas encore été traduit en langue française. En France, il n’est encore que question de ses pièces de théâtre dont les représentations se succèdent à Londres.

Une Femme sans importance, Un mari idéal et L’importance d’être Constant sont autant de triomphes auprès du public (Les échos de Paris parlent d’ « applaudissements plus bruyants que d’ordinaire » ). La presse française est partagée.
Certains crient au génie comme Le Gaulois ou Le Figaro :

D’autres, tels La Presse s’insurgent contre ce qu’ils estiment être une parfaite imposture. Le Journal des débats politiques et littéraires range Wilde du côté de Charles Baudelaire et de Jules Barbey d’Aurevilly qui n’ont pour « idéal que le vice » :

Oscar Wilde est alors au sommet de la gloire. Si toutes les critiques ne sont pas unanimes, le public se rue sur ses pièces. Ils applaudissent à tout rompre l’auteur qui vient régulièrement partager quelques aphorismes à l’issue de représentations. C’est précisément à ce moment que le scandale arrive. Poussé par son ami/amant Lord Alfred Douglas, Oscar Wilde attaque de mauvaise grâce le père de ce dernier, Le marquis de Queensberry, qui ne cesse de le diffamer…

La chute d’Oscar Wilde

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C’est le 4 mars 1895 que la nouvelle accueille les lecteurs des journaux français. On apprend que, la veille, l’auteur irlandais a porté plainte contre l’ « excentrique » Marquis de Queensberry. Certains se doutent déjà du retentissement probable de l’affaire.

On apprend également que cette plainte était voulue par l’aristocrate qui cherche à éloigner son fils des bras de Wilde. Auteur d’une lettre accusant Wilde de « s’afficher en Somdomite [sic] », il se défend de toute diffamation :

Tout Londres est « en émoi » :

La presse aussi, presque toute entière (L’intransigeant, Le Gaulois, L’écho de Paris), y voit un savoureux divertissement, qui prend cependant une tournure plus voyeuriste lorsque débute le procès. Celui-ci est en effet ouvert à tous et les journaux ne se gênent aucunement pour relater les témoignages et les détails de la vie privée de Wilde. Le Journal des débats politiques et littéraires en est dégoûté :

Certains journaux se démarquent en précisant que ce sont les seuls à ne justement pas parler de l’affaire :

Détails salaces sur détails salaces, les Anglais comme les Français oublient que c’est Wilde qui porte l’accusation contre le Marquis. Pour de nombreux journalistes et chroniqueurs français, c’est bien lui l’accusé. La justice le qualifie de « puffiste », c’est à dire de charlatan :

Ce ne sont pas les seuls à se retourner contre Wilde et à donner raison au Marquis. Certains journaux retirent le masque de l’impartialité avant même la fin du procès. Alors que Wilde retire sa plainte, Le Matin donne entièrement raison au Marquis : « Les interrogatoires que M. Oscar Wilde a subis ont clairement montré que ce personnage méritait bien ce que le marquis de Queenburg [sic] avait écrit sur sa carte de visite » :

Le Petit Caporal, qui porte bien son nom, trouve les détails proprement scandaleux :

Le journal note que les avocats du Marquis s’appuient sur Le Portrait de Dorian Gray pour prouver que Wilde pose bien « en Somdomite » :

Les bons mots prononcés par Wilde pendant le procès ne l’aident pas beaucoup et jouent même en sa défaveur. Des journaux comme La Cocarde ou L’écho de Paris le trouvent incroyablement « désinvolte ».

Après qu’Oscar Wilde eut retiré sa plainte, c’est lui qui se retrouve à son tour accusé par la Cour, « sous les applaudissements de l’auditoire ». Il est rapidement arrêté (après avoir fugacement pensé à la fuite). L’homosexualité étant alors sévèrement réprimée, Wilde risque une vingtaine d’années si la Cour, après un nouveau procès, est convaincue de sa « culpabilité ».

Coupable, Wilde l’est déjà aux yeux du public et de la presse. Ce n’est d’ailleurs pas uniquement l’homme qui est coupable mais tous ses écrits et ses pensées. Chaque ligne qu’il a pu écrire est jugée en fonction du « vice » qui est alors collé à Wilde. Pour Le Figaro, ce sont tous ses enseignements esthétiques qui tombent avec lui :

Wilde est pour la Petite République le symbole de la gangrène anglaise :

Ses idées aussi, semblent pour quelques personnes tomber avec lui. Si Wilde s’est largement exprimé sur le socialisme et vanté certaines de ses vertus, Le Siècle profite du scandale qui touche Wilde pour condamner le socialisme dont il aurait été « un apôtre » :

Un syllogisme cependant dénoncé par La Petite République. Reste que personne ne veut plus être associé à l’auteur.

La fin du procès de Wilde

En quelques jours, c’est la déchéance pour l’écrivain et dramaturge. Ses biens sont vendus, on lui refuse la caution, des actrices refusent de jouer ses pièces et son nom est retiré des affiches. Cette pratique écœure P. Villart dans le Figaro qui se retrouve cependant bien seul. Aux Etats-Unis, les libraires retirent ses livres des étalages ; à Londres, la « foule » exige que les papetiers fassent disparaître ses portraits :

L’écho de Paris en profite pour attirer l’attention sur les dangers d’une mode qui grandit : « l’amour unisexuel » :

Il s’agit pour l’Intransigeant, rien de moins qu’une « aberration unisexuelle qui s’est répandue dans la société anglaise ». le procès est cependant pour l’auteur d’une parfaite hypocrisie, tant « l’ aberration unisexuelle » y est répandue :

Des docteurs se mêlent à l’affaire tels Max Nordau, un médecin célèbre pour ses études moralisatrices attaquant l’ « art dégénéré« , expliquant que sa chute était prévisible :

Pour l’Echo de Paris, Wilde n’avait de toute façon pas de talent ; le Matin se réjouit qu’il n’ait finalement pas pris la nationalité française.

Une chasse à l’homme est presque initiée dans les colonnes du Figaro qui ne se gêne nullement pour jeter quelques noms de ses fréquentations parisiennes en pâture, clins d’œil salaces à l’appui :

Cette chronique, reprise de nombreuses fois est le début d’un feuilleton dans le feuilleton. Avoir son nom être associé de quelconque manière à celui de Wilde étant devenu insultant, les auteurs cités s’offusquent de cette chronique et prétendent avoir à peine rencontré Wilde. L’auteur de la note en remettant une couche après quelques dénégations, un véritable duel est organisé entre le chroniqueur Jules Huret du Figaro et Catulle Mendes, auteur calomnié. Les autres auteurs se ravisent de porter plainte ou de provoquer de nouveaux duels même si le cœur y est.

Rares sont ceux qui prennent la défense de Wilde. Julien Depretz dans Gil Blas est de ceux-là. Il ressort écœuré du procès, des témoignages douteux et de toutes les condamnations publiques purement hypocrites :

Dans L’écho de Paris, Edmond Lepelletier regrette que l’on juge l’oeuvre de Wilde à travers sa vie sexuelle. Dans le même journal, Henry Bauer fait non pas le procès de Wilde mais celui de la « foule » qui a tant admiré Wilde lorsqu’il était au sommet, et tant craché sur lui lors de sa chute.

Lors de la vente du mobilier de Wilde, le journal L’écho de Paris s’étonne de trouver des admirateurs « quand même » de Wilde. Une formulation que reprend La Cocarde. L’oeuvre étant mise de côté, les admirateurs ne le seraient pas « quand même » mais « parce que. »

La fin du feuilleton est datée du 25 mai 1895. Après deux procès et divers retournements de situation après que la Cour ait échoué à prouver la culpabilité d’Oscar Wilde pour « crime de sodomie », Oscar Wilde est définitivement condamné à deux ans de travaux forcés pour « actes d’indécences » :

La rédemption par la littérature ?

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Ce n’est qu’en juin 1895, après le procès et alors que Wilde est depuis peu en prison, que sort Le portrait de Dorian Gray en France.

Le Figaro, par la voix de Jules Huret, tout juste sorti de son duel, voit dans la trame du récit, la preuve de la culpabilité de Wilde :

L’écho de Paris aussi, malgré le caractère fantastique du récit, y voit des éléments autobiographiques :

Ce même journal publie cependant une critique élogieuse quelques jours plus tard.

Le Petit Parisien se demande quant à lui si le cerveau de l’auteur est intact :

Le Journal estime qu’il a mis dans ce livre toute « l’horreur de son vice » ; Gil Blas trouve le livre « vain et puéril« .

Le vent tourne cependant. Si Wilde, jeté en prison, puis ruiné et abandonné de tous, se réfugie en France sous un nom d’emprunt ; si l’ensemble de sa famille, femme et enfants compris, changent de nom pour ne plus être associés à sa réputation sulfureuse, Le portrait de Dorian Gray commence, en France, à être reconnu comme une oeuvre majeure de la littérature.

Octave Mirbeau publie une longue et très détaillée critique du livre. L’ouvrage témoigne selon lui d’un « art brillant et précieux » autant que d’une « intelligence profonde et rare » :

Henry Bauer, dans l’Echo de Paris, estime qu’il s’agit du livre « le plus curieux et le plus personnel de la période contemporaine de la littérature anglaise ». Il juge également le procès comme un « précieux document pour le catalogue de la méchanceté et de la lâcheté humaine » :

Oscar Wilde finalement mort et enterré, le scandale s’effaçant peu à peu des souvenirs, les critiques positives fleurissent dans la presse comme s’il ne s’était rien passé. L’Aurore parle d’un « admirable roman« , Le Siècle en parle comme d’un « chef-d’oeuvre« . Oubliant qu’il n’en a jamais écrit d’autres, le Journal des débats politiques et littéraires évoque « l’un des meilleurs romans d’Oscar Wilde« . L’oeuvre entière de Wilde, son théâtre comme ses essais, est réévaluée par les critiques à sa mort. Pour Gil Blas, la rédemption a pris la forme de De Profundis dont la lecture vaut « quelques indulgences à la mémoire d’Oscar ».

Le Figaro renseigne en 1907 d’une tentative anglaise de réhabilitation de Wilde à travers la sortie d’une biographie de l’écrivain Robert Sherard. L’auteur de l’article, après avoir lu De Profundis estime que Wilde a en effet expié. Il voit partout dans le monde des troupes de théâtre jouer Salomé :

Cette réhabilitation s’exprime dès sa mort de différentes façons. Par la publication puis des rééditions de l’ensemble de son oeuvre d’abord,  la sortie de nombreuses biographies comme celle de Frank Harris qui a un large écho dans la presse française, par le fait que ses pièces soient jouées à Paris ou ailleurs dans des théâtres désormais « honorées » de les représenter ou encore par l’adaptation au cinéma de ses pièces comme L’Éventail de Lady Windermere portée à l’écran par Ernst Lubitsch dans un film considéré à son tour par de nombreux cinéphiles comme un chef-d’oeuvre. Lors des anniversaires de sa mort, des réunions d’amis écrivains ou de lecteurs sont organisées. Des auteurs partagent à longueur de colonnes leurs souvenirs et anecdotes de celui qui fut pourtant un lépreux peu de temps auparavant. Le Figaro, qui autrefois donnait les noms des auteurs « proches » de Wilde lui consacre un dossier en 1925. Quelques années plus tard, ils évoquent la grande « tragédie de ses dernières années« .

Un monument funéraire, depuis devenu monument historique, est sculpté par Jacob Epstein en 1911 au Père-Lachaise. Y reposent les cendres de l’écrivain et celles de Robert Ross son amant et exécuteur testamentaire qui a dédié le reste de sa vie à défendre Wilde et à qui ce dernier fait référence dans De Profundis :

Un lieu où règne la douleur est terre sainte. On comprendra un jour ce que cela veut dire. Jusque-là, on ne saura rien de la vie. Quand, de ma prison, on m’amena entre deux policiers, devant le tribunal des faillites, Robbie attendait dans le sinistre et long couloir afin de pouvoir, devant toute la foule, qu’un geste si simple et si charmant réduisit au silence, soulever gravement son chapeau tandis que, menottes aux mains et tête basse, je passais devant lui. Des hommes sont allés au ciel pour de moindres actes que celui-ci (…).
Je ne lui ai jamais soufflé mot de ce qu’il avait fait. Jusqu’à présent, j’ignore s’il sait que j’ai eu conscience de son geste. Ce n’est pas là une chose pour laquelle on puisse exprimer des remerciements conventionnels avec des mots conventionnels. Je la conserve dans le sanctuaire de mon cœur. Je la garde là comme un dette secrète que, je suis heureux de le penser, je ne pourrai jamais payer.
Alors que la sagesse ne m’était d’aucun secours, que la philosophie demeurait stérile, que les sentences et les phrases de ceux qui cherchaient à me consoler me laissaient dans la bouche un gout de cendre, le souvenir de ce petit geste d’amour, silencieux et charmant, a descellé pour moi le puits de la pitié, a fait fleurir le désert comme un rose, m’a arraché à l’amertume de la solitude et de l’exil pour me mettre en harmonie avec le grand cœur blessé du monde.

Oscar Wilde aujourd’hui

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Signe de la popularité constante d’Oscar Wilde, ce dernier est l’un des auteurs les plus populaires auprès des lecteurs de Babelio et son roman Le portrait de Dorian Gray fait  partie des livres les plus populaires du site. Avec 363 critiques, c’est aussi le plus critiqué de l’oeuvre de Wilde, devant son conte pour enfants Le fantôme de Canterville et ses différentes pièces de théâtre. Il fait également partie de nombreuses listes de lecteurs. On apprend ainsi qu’il s’agit d’un des livres que les lecteurs du site ont le plus souvent conseillés ou encore d’un des vingt-et-un livres qu’il faut avoir lu dans sa vie pour le magazine ELLE.

Bien sûr, la tragédie de la vie de Wilde est évoquée dans de nombreuses critiques. Il semble difficile de lire Oscar Wilde et peut-être plus particulièrement Le portrait de Dorian Gray sans avoir à l’esprit le scandale. Pour certains, les contours du récit se mêlent à ceux de la vie de l’auteur :

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Les questions philosophiques abordées par l’auteur font encore mouche auprès de slecteurs contemporains :
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Les lecteurs sont encore séduits par la plume de l’auteur et ses aphorismes qui, tels Dorian Gray, ne prenant pas une ride :

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Si Le portrait de Dorian Gray est salué comme « le » chef d’oeuvre de Wilde, ses autres ouvrages sont également appréciés. Avec une moyenne de 4,12 sur 5, similaire à celle de PortraitL’Importance d’être constant fait figure de fer de lance de son théâtre. Les rires provoqués par les échanges sont aussi appréciées que les réflexions philosophiques du portrait. L’humour est d’ailleurs au service d’une satire qui résonne encore auprès des lecteurs :

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Il semble loin, à la lecture des critiques, majoritairement positives, le temps où Oscar Wilde était vilipendé dans la presse, où ses livres étaient analysés à la lumière de sa « perversité » ou bien à l’inverse, où on déduisait sa culpabilité de la lecture du Portrait.

Quelles ont été vos impressions à la lecture du livre ? Que vous inspire sa vie ? N’hésitez pas à lire notre dossier pour en savoir plus et à commenter cet article !

La semaine prochaine nous nous intéresserons à D.H. Lawrence et son sulfureux roman L’Amant de Lady Chatterley.

 

4 thoughts on “LES CONTROVERSES LITTÉRAIRES (8/9) : Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

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